Vie de parent simplifiée : un oxymore

(Petit rappel littéraire, un oxymore, c’est une figure est une figure de style qui vise à rapprocher deux termes (un nom et un adjectif) que leurs sens devraient éloigner, dans une formule en apparence contradictoire. L’oxymore permet de décrire une situation ou un personnage de manière inattendue, suscitant ainsi la surprise. Il exprime ce qui est inconcevable. L’exemple classique est « soleil noir ». Tout est dit. La vie de parent est complexe et mon intuition me dit qu’elle va en se complexifiant quand les enfants grandissent. Est-ce que la simplifier est possible? (Voir souhaitable?) Beaucoup me diront que notre époque est difficile pour les parents; je crois en effet que notre époque est bourrée de contradiction autour de la vie familiale. La principale qui m’habite souvent: faire le souper. On nous dis qu’il faut faire de la vraie bouffe (pas du kraft diner donc…), des légumes, du vert, du frais, du local, mais on n’a que 30 min épicerie comprise pour le faire le soir..d’où une nouvel oxymore de « souper express ». Désolée, si j’épluche mes betteraves ce n’est plus express, malgré toute ma bonne volonté. Ahh pardon, j’aurai du éplucher mes betteraves la fin de semaine, car c’est bien connu, la fin de semaine c’est pour préparer la semaine (hum!). Depuis la fin de mon congé de maternité, nous nous attachons à  « simplifier nos routines ». J’ai lu de bord en bord simplicity parenting et il faut dire que les résultats ont été au rendez-vous! Habillage plus rapide, soirée agréable, fins de semaine (presque) reposantes. Maison rangée et temps de rangement/ménage diminué. Bon, puisque vous être gentils je vous résume les 5 meilleurs trucs:

  • Simplifier le choix des vêtements et des souliers (garder tiroirs et tablettes à moitié pleines- avoir accessible le strict minimum pour la saison).
  • Simplifier les jouets: faire « rouler » le stock de jouets. Diminuer drastiquement le nombre de jouets accessibles (ce qui pourrait être rangé en 5 minutes). Ne garder que les jouets en bons états et de qualité.
  • Laisser les enfants, être des enfants. Sans se censurer outre mesure, garder les nouvelles de la politique, les controverses et les comptes pour les (rares) moments sans les enfants. Les protéger de l’intrusion du monde des adultes.
  • Être plate, routinier et prévisible!!! Détaillez les événements à venir, lorsque connus.  Équilibrer un événement super stimulant (fête d’enfant, souper de famille) par des journées plus tranquilles autour. Prévoir des soupapes de décompression, du vide dans l’emploi du temps.

Mais tout de même, simplifier sa vie de parents c’est comme tenter de mettre un ordre aux nuages…un peu vain. Grandir, c’est complexe, risqué, demandant et engageant. Guider un être à grandir, c’est long, impressionnant, déroutant et parfois répétitif. Puis-je me permettre une ébauche de réponse à la conciliation de ces 2 réalités: et si simplifier sa vie de parents, c’était tout simplement faire de la place….à la complexité? Aux égarements d’un enfant qui « interview » les bancs de neiges, les arbres, les trottoirs, les bâtons et qui ne marche pas droit sur le sentier. À tous les enfants qui tâtonnent, qui manquent la cible, qui dépassent en coloriant et qui n’écrivent pas dans les lignes. Et qui recommencent, qui réessaye et accomplisse des milliers de petits succès: descendre les escaliers seuls, mettre ses bottes, faire une phrase, attraper enfin ce hochet, suivre des yeux un oiseau. À notre propre complexité, nos bons coups, notre spontanéité, mais aussi nos moments de doute, d’abattement et d’anxiété. Accorder enfin une importance majeure à ce que l’on aime être ou faire comme parents et comme famille. Simplifier ne serait alors pas une quête impossible de « simplifier pour simplifier », mais plutôt un processus continu, un choix d’en découdre au quotidien avec les vrais défis et les vraies joies qui nous attendent.

Un « espace pour la vie » à préserver sans conditions pour les générations présentes et futures.

Un rituel  s’est installé depuis 2 ans dans notre famille: la visite hebdomadaire au Jardin botanique.

Mes petits se tassent dans la charette à vélo sans rechigner et nous pédalons 40 minutes, équipés tout simplement de bouteilles d’eau, de quelques biscuits et de vêtements de saison. Sitôt passée la guérite et le fameux sésame « Accès Montréal » sorti du portefeuille, c’est la liberté . Nous commençons par une partie de cachettes dans l’arboretum, suivi d’une cueillette de pissenlits sous les marronniers pour finir notre escapade dans notre « jardin secret », un petit coin de paradis semblable à un sous-bois perdu au détour de chemins cachés, rempli de recoins et de rochers à escalader.

Pas de limite, sinon celle de l’heure du retour et bien sûr du respect des plantes (ce n’est pas facile pour une petite fille de renoncer à cueillir les primevères, mais c’est possible!). Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles pour voir que cet espace est un joyau de biodiversité et de vie. Où à Montréal peut-on voir des bernaches et des canards décoller en rase-motte ,un pic-bois ou encore une renarde avec ses renardeaux?

Qu’est-ce qui est si différent de la structure de jeux en plastique du coin dont l’accès pour l’instant n’est pas encore un enjeu? Selon notre expérience, le Jardin botanique (et probablement tous les autres grands parcs montréalais) est un terrain autrement plus riche qui permet des apprentissages durables, profonds et surtout basés sur le vécu direct.

Premièrement, la capacité à s’éloigner tranquillement d’une surveillance parentale constante, de pouvoir choisir son chemin, au sens propre comme au figuré. N’allez pas croire que je ne suis pas présente ni vigilante, mais simplement je laisse la corde pas mal plus longue que dans le carré de sable.

Ensuite, si l’on regarde plus particulièrement le coté moteur (déformation professionnelle, j’avoue) c’est merveilleux: avez-vous avez déjà marché sur du lichen? Escaladé des rochers de forme inégale? Poussé votre endurance par une longue marche vers votre jardin secret? Les sens sont constamment sollicités, mais « dans le bon sens du poil » par des pépiements d’oiseaux, des odeurs de fleurs, de sous-bois, une brise légère dans l’érablière, des éclats colorés de rose et de mauves dans les rhododendrons. La réaction physique du corps est à la fois un apaisement des mécanismes de défense face à la vie urbaine et un réveil de l’attention ouverte et contemplative.

Par nos visites régulières, nous avons commencé à établir (pour mes enfants) et à re établir (pour moi même) un lien solide, durable et joyeux envers la nature. Dans le tissage de cette toile de guérison, le plus grand risque, il me semble, n’a pas été une insolation faute d’avoir mis un chapeau de soleil, un rhume d’avoir trop marché dans les flaques d’eau glacée ou une piqure d’aiguille de pin. Non, le plus grand risque est de voir ce que l’on a appris à aimer être retiré portion par portion de l’espace commun, dans le cas présent non pas pour sa protection, mais pour le profit et les intérêts d’une minorité.

Faut -il toujours chercher à « secourir » nos enfants?

Regarde mon exploit!!!!

Un dimanche matin comme tant d’autres, je marche sur ma rue montréalaise en compagnie de mon fils de presque 2 ans. Pas de but précis, sauf une promenade santé et une dose de vitamine D quotidienne, il choisit son chemin, pour une fois libéré de la danse quotidienne du garderie-souper-bain-dodo. Je soupire…pour un parent, c’est parfois long de laisser son enfant « interviewer les bancs de neige ».

Lucien choisit de se donner un défi de taille: il veut saisir deux blocs de glace. Un pour chaque main! les blocs sont lourds et de formes inégales. Ses pouces sont à peine mobiles dans la mitaine, cousue bien sûr dans un tissu bien glissant. Il hurle, se penche, saisit les blocs, les échappe et recommence comme savent si bien le faire nos « adeuxlescents ». Super le dimanche! .

Bon (pour une fois), je m’autorise à observer ce qui se joue et à résister à l’immense tentation de lui donner les blocs ou carrément de le mettre sous mon bras pour passer à autre chose, histoire que ces cris désagréables cessent. Et moi de me questionner sur mon rôle. Cet enfant ne pleure pas parce qu’il a faim ou froid…il est en train d’apprendre. Pas besoin donc de sortir une collation ou un mouchoir. Que puis-je faire (ou peut être ne rien faire?) en tant que Maman (avec un grand M!).

Et si mon rôle aujourd’hui était d’être un appui inconditionnel à ses apprentissages. Mmm…oui, mais comment?

Finalement, je choisis de replacer la mitaine, le pouce bien enfilé, geste que je répète une dizaine de fois par jour et de l’encourager « vas-y essaie de les attraper ».

Lucien souffle, ouvre ses pouces, ramène les blocs contre son tronc et s’en va fièrement! Il a fait mille et une découvertes, résolu 2 ou 3 problèmes (utiliser une main ou deux? prendre le bloc directement avec la main ou avec tout bras? etc.). Si je l’avais « secouru » de ma tendresse et de mon agacement maternel, il serait passé à côté de tout cela, et aurait manqué la chance d’entrainer son « muscle » de la persévérance dans un défi d’autant plus valide qu’il se l’était donné lui même.

De mon côté, j’espère être de nouveau capable de temps à autre de savoir prendre le recul nécessaire tout en restant un témoin présent et supportant.

Nouvelles profs à ergo-yoga+ ateliers

Restons à la maison aurait pu être le slogan de nos vacances de Noël! entourée de blanc, notre famille a enfin pris le temps de ralentir pour de vrai. Pas de contraintes, sinon celle d’être ensemble. Rien de moins, rien de plus et les batteries se rechargent par elles-mêmes, dans la simplicité.

Grande nouvelle de l’année 2013: du sang neuf arrive à Ergo-yoga. Lily lapierre prend le relais pour les cours prénatals et Ann Marie Provencher assurera les cours Maman-bébé. Ce sont de collaboratrices de longue date, Lily Lapierre étant une des perles derrière la géniale administration de fleur d’asphalte et Ann Marie, notre massothérapeute attitrée. Ann Marie nous apporte sa connaissance profonde du touché et sa présence,  Lily son expérience en danse et sa formation « de Gasquet ». Elles ont toute ma confiance et j’espère que vous leur donnerez la vôtre.

Je vous offre de de nouveau cet année des beaux ateliers du dimanche: le 27 janvier de 13h30 à 16h30 pour « Abdominaux intelligents » et le 3 mars de 13h30 à 16h30 pour l’atelier de yoga prénatal de couple. N’hésitez pas à en parler autour de vous!

Je garde aussi une disponibilité pour les visites post-partum que j’ai rebaptisées « sauvetage du périnée ». Je me déplace dès que vous êtes prête, au plus proche de la naissance pour une efficacité maximale.

C’est stimulant de passer le relais à d’autres sur des projets, mais aussi une leçon de vie. Moralité: on ne peut pas tout faire, tout de suite, tout en même temps, surtout lorsque l’on est parent. Moins, c’est souvent plus, et plus encore. 2013 s’annonce l’année de la simplicité et pas seulement sur le papier: dans les actes, les mots, les rythmes, les choix et les engagements du quotidien.

Au plaisir de vous revoir lors des ateliers et sur ce blog!

Pourquoi nous lisons l’histoire avant de mettre le pyjama

Parce que parfois, il faut savoir commencer par le dessert! En demandant son avis à ma grande de 3 ans sur la routine du soir (dans l’objectif machiavélique d’être libre un peu plus tôt dans la soirée par une meilleure participation de sa part), elle m’a clairement nommé l’ordre des choses: je veux l’histoire en premier!
Elle n’était pas capable de garder le meilleur pour la fin, de faire des efforts pour avoir une récompense  ce qui, apparemment, serait un signe d’intelligence et de succès futur selon certains chercheurs  (zut! on a tout raté).
Nous avons tout de même tenté l’expérience, pour le fun. Elle se jette sur son histoire, nous avons le temps d’en lire plusieurs et même de relire 2 fois la même (pourquoi se priver!). Le pyjama se met littéralement de lui même et le brossage de dent est expédié rapidement. Le moment est agréable pour tous et nous glissons nous même tranquillement vers le sommeil après le câlin de bonne nuit. Pourquoi ce miracle? Parce que, au final, au delà que la récompense en elle même (en l’occurrence l’histoire) c’est la relation et le lien avec ses parents que ma fille recherchait. Pour elle, la longue procédure était décourageante et surtout, ne comblait pas son besoin immédiat de faire une activité aimée et significative avec un de ses parents.
Cela tombe bien, car ces chercheurs nous incitent à penser que le fait de se sentir en confiance est aussi un important facteur de la réussite future! (pfwew..on n’a pas tout raté finalement).